La pollution des vêtements sur l’environnement


Par La Rédaction

Publié le 19 juin 2019

Thèmes : pollution  vêtement  vêtements  industrie textile 


Derrière l’acte anodin d’acheter un vêtement se cache des chiffres affolants !
80 milliards de vêtements fabriqués dans le monde par année.
700 000 tonnes de vêtements achetés en France
En plus du désastre sociétal qu’impose l’industrie textile, il faut aujourd’hui toujours produire plus pour moins cher.
Cette production excessive entraîne des pollutions multiples : pollution de l’eau, pollution de la terre par les pesticides, pollution par la combustion fossile, dégâts sur la santé des producteurs, mais aussi des acheteurs qui portent ces vêtements.
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Savez-vous quel est le vrai coût environnemental de votre jean ?

Les prix de nos vêtements sont de plus en plus bas. Aujourd’hui, il n’y a rien de plus facile que de s’offrir un nouveau jean. La fast fashion a changé notre rapport aux vêtements : de l’utilité de nous vêtir, nous sommes passé au luxe de changer de garde robe en un rien de temps pour ne pas dire, de façon presque compulsive et pour un prix modique.
La fast fashion se veut accessible à tous, à toutes les bourses. Elle propose un prix bas mais en réalité elle s’endette sur la planète du fait de ses modes de production.
Ces vêtements là, produits en quantité massive, sont souvent de qualité médiocre. En fast fashion, un vêtement est en moyenne porté 5 fois, sa durée d’existence moyenne est de 35 jours.
L’industrie textile est très énergivore, elle est l’une des industries les plus polluantes.

Le cycle infernal de la vie d’un vêtement

La pollution d’un vêtement dure toute sa vie : de sa création, en passant par son utilisation et jusqu’à son éventuelle incinération ou recyclage.
Les différents cycles de vie sont les suivants :
  • la production de la matière première, qu’elle soit naturelle (culture des fibres, récolte) ou synthétique (extraction du pétrole, transformation)
  • la fabrication du tissu, puis la confection
  • la distribution : transport, packaging
  • enfin l’utilisation : le lavage est aussi émettrice de pollution
  • la fin de vie : le transport du vêtement, son incinération ou son recyclage sont également source de rejets toxiques

Fabriquer un seul vêtement coûte très cher en ressources naturelles !

La culture de la matière première

Pour fabriquer un vêtement, il faut d’abord construire le tissu : la matière première.
Trois types de fibres sont possibles : naturelles, artificielles et chimiques.
  • les fibres naturelles : coton, chanvre, lin, laine. Elles sont transformées ensuite par des procédés chimiques.
  • les fibres artificielles : fibre artificielle (par exemple la viscose) fabriquée à partir de matières naturelles comme les fibres de bois. Ces fibres artificielles requiert de nombreuses transformations chimiques.
  • les fibres chimiques : ce sont des matières fabriquées à partir du pétrole (par exemple : nylon, polyester, élasthanne). Le processus de transformation est alors très polluant, il coûte très cher en énergie !
Dans l’industrie textile, 58% des fibres utilisées sont artificielles et chimiques, 42% sont naturelles, dont la grande majeur partie du coton. C’est le tissu le plus populaire de l’industrie textile. Et pourtant ….

La culture du coton est la plus polluante au monde !

La culture du coton nécessite énormément de produits chimiques : le plant de coton, à force d’être traité, n’est plus du tout résistant aux ravageurs. 64% du coton mondial est issu de culture OGM.
Le coton est un plant extrêmement gourmand en engrais et en eau : pour produire 1 kilo de coton demande 10 000 d’eau en moyenne, un tee-shirt a besoin de 2500 litres et un jean environ 8000 litres d’eau.

La culture du coton utilise 25% de tous les insecticides utilisés au monde !

Une fois que le coton est prêt à être récolté, les producteurs aspergent les plants d’un produit très toxique afin d’en faire tomber les feuilles et de le récolter plus facilement.
La culture du coton est une source énorme de pollution des sols, des nappes phréatiques et elle met gravement en danger la santé des producteurs.

Le problème des teintures

Une fois récolté, le coton sera blanchit avec du chlore avant de passer à la teinture, à l’impression de motifs et aux finitions.
Les teintures contenant des métaux lourds et formaldéhydes ne sont heureusement pas autorisés en Europe. Malheureusement, ces substances restent autorisées dans les autres pays producteurs.
Attention donc aux produits importés.

Le problème du transport

Avant de terminer dans notre armoire, le tissu parcourt l’équivalent d’un tour du monde en kilomètres. Le processus de fabrication d’un vêtement se fait d’une part et d’autre de la planète, tout cela, dans une optique de compression des coûts de fabrication.

Selon l’ADEME, un jeans peut parcourir jusqu’à 65000 km du champ jusqu’à son lieu de vente.
L’industrie textile représente entre 3 et 10% des émissions totales de CO2 au monde. Cela représente plus d’un milliard de tonnes de gaz à effet de serre chaque année : c’est plus que tous les vols internationaux ET tout le trafic en mer réunis !!!

L’entretien du vêtement

L’empreinte carbone d’un vêtement se s’arrête pas là !
Une fois qu’il a été fabriqué et qu’il a trouvé sa place dans notre armoire, il continue d’émettre des substances toxique et de polluer.
Rien que le fait de la laver en machine, d’utiliser de l’eau chaude, d’utiliser des lessives polluantes, de le faire sécher en machine et de le repasser, consomme de l’énergie et contamine l’environnement.
Quand nous les portons et surtout quand nous les lavons en machine, les fibres synthétiques diffusent des milliards de microparticules de plastique. Celles-ci se retrouvent dans l’air que nous respirons et dans l’eau. Les stations d’épuration ne peuvent pas les filtrer tellement ces particules synthétiques sont minuscules.

Avons-nous vraiment besoin de tous ces vêtements ?

Nous sommes clairement dans une phase d’achats euphoriques basés sur des prix bas et inconscients, qui mènent à une surconsommation de vêtements.
En Europe, on achète plus de 30 kg de vêtements par an et habitant. Pourtant, en moyenne 70% des habits que nous possédons ne sont jamais portés. Nous recyclons 3 kilos de vêtements et jetons 12 kg de vêtements par an. Or les vêtements continuent d’émettre leurs substances toxiques même lorsqu’ils sont déposés en décharge.

Le résultat sur l’environnement

Tout au long de sa vie, un vêtement va prendre à la Nature et lui rendre en substances toxiques. Cet échange ingrat use et abuse des ressources de la planète. En Chine par exemple, (l’un des plus grands producteurs de l’industrie textile) 70% des cours d’eau sont pollués.
De sa production, jusqu’à ce qu’il arrive en magasin on considère qu’un article émet 20 fois son poids en effet de serre : un simple tee-shirt émet 5 kg de C02 par exemple.
Même après son achat, un vêtement consomme la planète : quand on les lave, on pollue.
Pendant le lavage, les vêtements synthétiques diffusent à eux seuls 500 000 tonnes de micro particules dans les océans. Cela équivaut à 50 milliards de bouteilles en plastique. Les vêtements en synthétique polluent plus que les sacs en plastique.

Les vêtements sont-ils toxiques pour notre santé ?

Du traitement du tissu en passant par tous les colorants, la plupart de nos vêtements contiennent des substances qui ont un impact sur notre santé, particulièrement sur notre système endocrinien, nos systèmes reproducteurs, le foie, les reins.
Ces substances migrent du vêtement jusque dans notre sang en passant par la peau, ils se diffusent également au lavage dans les cours d’eau et s’installent dans notre chaîne alimentaire.

Solutions

En succombant aux offres aguichantes de la fast fashion, nous devenons complice de cette industrie extrêmement polluante. Pourquoi pas ne pas revoir notre rapport à l’acquisition et à la possession de vêtements ? Finalement, acheter moins, ou acheter mieux devient aujourd’hui, un véritable acte de résistance !

Comment faire pour s'habiller sans abîmer sa santé et à l'environnement ?

  • On peut tout simplement commencer par prendre soin des vêtements déjà achetés : ne pas les laver trop souvent, respecter les températures, essayer aussi de les porter, si possible, plus d’une seule fois, les laisser sécher à l’air libre et éviter de les repasser.
  • Privilégier le coton bio : en plus du plaisir de porter sur sa peaux un tissu plus doux, le coton bio utilise moins de pesticide et requiert moins d’eau
  • Acheter des vêtements 100% coton car il est plus facile à recycler. Par contre il est totalement impossible de recycler des matières qui mélangent coton et synthétique. D’ailleurs, les fibres synthétiques mettent des milliers d’années avant de se décomposer.
  • Supprimer les matières synthétiques et les remplacer par des fibres plus naturelles comme le lyocell (fibre biodégradable fabriquée à partir du bois (feuillus, eucalyptus, bambou)
  • Choisir des vêtements en matières recyclées et biologiques : on achète alors un article dont la production aura été plus douce pour l’environnement, plus économe en eau et énergie.
  • Si possible on préfère des matières qui requièrent peu d’eau, d’engrais et de pesticides comme le lin, le chanvre. Ces deux plants peuvent être cultivés dans nos climats !
  • Revendre les vêtements qu’on ne porte pas. Les mettre en décharge n’est pas forcément une bonne solution car ils continuent encore de libérer des substances toxiques et finissent toujours par polluer les océans.
  • Acheter des produits fabriqués en France : plus le pays de fabrication est proche, moins le produit a parcouru de kilomètres, mieux c’est ! Deux labels certifient de la provenance française d’un vêtement : France Terre Textile (75% du textile est fabriqué en France), et le label Origine France Garantie (83% du vêtement est fabriqué en France).
  • D’autres labels existent : La Fleur (ce label garantit le respect stricte de normes environnementales), la certification Oeko-Tex (le produit ne représente aucun danger pour la santé selon 14 instituts de recherche et de contrôle), l’ecolabel Nordic Swan
  • Enfin, utiliser des lessives écologiques, et pourquoi pas des machines écologiques (par exemple celle dotée de la technologie EcoBubble qui lave mieux avec moins d’eau et de produit)