Alerte de l’OMS : Trop de sucre dans les plats industriels pour bébé


Par La Rédaction

Publié le 16 juil. 2019

Thèmes : enfant  sucre  alimentation moderne  glucide  glycémie  industrie agro-alimentaire  industrie agroalimentaire 


Nous voulons ce qu’il y a de mieux pour nos enfants, n’est-ce pas ? Et nous sommes prêts à dépenser des sommes conséquentes pour assurer leur bien-être et leur croissance optimale. Dans cet élan généreux, la nourriture est un pôle essentiel. Et nous avons tous fait plus ou moins confiance aux promesses de l’industrie agro-alimentaire qui avance tous les bienfaits de leur petits pots pour nos précieux bouts de chou. Malheureusement, l’OMS vient de jeter un pavé notre joyeuse marre : les plats industriels pour bébé contiennent beaucoup trop de sucre.
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Trop de sucres dans les plats industriels pour bébé

C’est le 15 Juillet 2019 que l’OMS a lâché cette bombe.
Les repas industriels destinés à nos moins de 3 ans sont bourrés de sucre. Ils assurent que la teneur en sucre de ces plats dépassent de loin les recommandations actuelles.

Comment l’OMS a pu tiré cette conclusion ?

Leurs experts basés en Europe ont analysé 7955 produits dans 516 magasins de différents pays (Autriche, Bulgarie, Israël, Hongrie) pendant 3 mois (de fin 2017 à début 2018).
Leur constat :
  • dans plus de la moitié des plats étudiés, plus de 30% des calories sont des sucres
  • le tiers de ces produits contenait du sucre ajouté, ou des édulcorants qui ne sont pas nécessaires

Quelles sont les conséquences du sucre sur les bébés ?

  • comme pour les adultes : obésité, surpoids. En Europe, un enfant sur 3 est obèse en 2017.
  • carence : les enfants ont de grands besoins nutritionnels. Les études montrent que les parents qui donnent beaucoup de jus de fruits à leurs enfants ont tendance à donner moins d’aliments plus nutritifs comme les légumes et les fruits entiers.
  • maladie de foie gras (NASH : Non Alcoolic Steato Hepatitis, ou la maladie du foie gras non alcoolique). Dans les pays occidentaux, 3 à 11% des enfants développement une maladie du foie de type NASH.
  • risque de cancer dû à la consommation de boissons sucrés (source : INSERM)
  • dent : plus de caries sur les dents de lait
  • création d’une addiction dès le plus jeune âge qui va conditionner le fonctionnement du cerveau de l’adulte (besoin d’activation incessant du circuit de la récompense avec tous les comportements négatifs liés : dépendance, addiction, démotivation, dépression)

Des étiquettes menteuses

Selon cette même étude, 28 à 60% des étiquettes de produits commercialisés promettent une compatibilité avec la nourriture du nourrisson de moins de six mois. L’OMS recommande pourtant le lait maternel pendant cette période et qu’aucun produit industriel ne devrait être vendu pour ces nourrissons.

Les recommandations de L’OMS pour la nutrition du jeune enfant

  • de 0 à 6 mois : allaitement exclusif, sans aucun autre apport alimentaire. Le lait maternel est l’aliment idéal pour la croissance du nourrisson.
  • à partir de l’âge de 6 mois : introduire d’autres aliments sous forme de bouillie ou purée
  • entre 12 et 24 mois : donner 3 à 4 repas et 2 encas à la demande entre les repas
Garder à l’esprit les recommandations du Dr Zsuzsanna Jakab, directrice régionale de l’OMS pour l’Europe.
«Une bonne nutrition pendant la petite enfance reste essentielle pour garantir la croissance et le développement optimaux de l'enfant et pour améliorer sa santé plus tard dans la vie - y compris la prévention du surpoids, de l'obésité et des maladies non transmissibles liées à l'alimentation. Cela coïncide avec l’objectif 3 des Nations Unies pour le développement durable qui est « d’assurer une vie saine et de promouvoir le bien-être de tous, à tous les âges. »
Références

http://www.euro.who.int/en/media-centre/sections/press-releases/2019/whoeurope-studies-find-baby-foods-are-high-in-sugar-and-inappropriately-marketed-for-babies
https://www.who.int/features/qa/21/fr/
https://presse.inserm.fr/consommation-de-boissons-sucrees-et-risque-de-cancer/35737/
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3962701/