Et si nos maisons étaient plus polluées que l'extérieur ?


Par La Rédaction

Publié le 25 févr. 2019

Thèmes : maison  pollution  pollution intérieure 


Nous passons le plus clair de notre temps à l’intérieur, entre la maison, le bureau, l’école, les différents lieux publics et les transports, notre style de vie nous garde bien au chaud. 90% de notre temps sont passe dans des endroits confinés.
Pourtant, l’air intérieur est plus pollué que l’air extérieur. Il est même pire !
Selon l’Agence de Protection de l’Environnement américaine, la pollution de l’air intérieur est 2 à 5 fois plus élevée que celle de l’extérieur.
On se sent à l'abri chez nous, et si respirer l’air de nos maisons nous empoisonnait à petit feu ?
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Quelles sont les pollutions intérieures que nous subissons ?

Les pollutions sont de toutes sortes, elle émanent des objets, du plastique, des meubles, du chauffage, de la cuisine. Les polluants sont de différents types :
  • les polluants biologiques : tout ce qui est bactérie, virus, toxines, moisissures. 
En France, 37% des logements français sont contaminés par des moisissures (source : OQAI, Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur, 2005). Les moisissures développent des spores. Celles-ci provoquent des allergies. Les acariens, qui adorent se loger dans nos lits, sont aussi une source source d’allergie. 75% des allergies seraient liés aux acariens qui ont élu domicile dans nos maisons. Nos animaux domestiques : 2,5% des français seraient allergiques aux animaux. L’origine de l’allergie au chat et au chien ne se trouve pas dans ses poils mais dans sa peau.
  • le monoxyde de carbone : le plus fourbe des polluants, on ne le remarque pas car il n’a pas d’odeur, ni de couleur et pourtant, il tue. Issu des systèmes de chauffage anciens et défaillants. Même à petite dose, mais quotidiennes, il est très dangereux.
  • les COV (composés organiques volatils), ce sont les fameux formaldéhydes et tous les autres solvants. Ils se trouvent dans les colles, les peintures, les produits d’entretien, parfois aussi dans le bois traité, dans les bâtiments récents, les meubles, décorations, parfums d’intérieur, sprays, etc…
Toujours selon l’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur, 100% des logements sont pollués au formaldéhyde.
  • le plomb : les anciennes peintures en contiennent
  • les phtalates : tous les plastiques, ordinateurs, insecticides, acaricides
  • les produits d’entretien : selon une étude du CSTB (centre scientifique et technique du bâtiment), 91% des produits étudiés contiennent du formaldéhyde, 43% du d-limonène dans des conditions de laboratoire. Une fois utilisés à la maison, ces mêmes produits étudiés, mélangés à l’ozone du bâtiment, créent en plus d’autres substances toxiques pour les poumons.
  • les particules fines et les fibres : il s’agit de tous les petits éléments qui restent dans l’air. Ils sont issus de l’utilisation de certains objets, et même de nos vêtements synthétiques !
La matière fibreuse la plus redoutée car dangereuse est l’amiante. Elle était couramment utilisée pour l’isolation et les ciments dans bâtiments. L’amiante est hautement cancérigène. Son usage est interdit depuis 1997.
  • les gaz radioactifs : surtout le radon, c’est un gaz qui résulte de la dégradation du radium et de l’uranium. Il provoque le cancer des poumons. C’est d’ailleurs la deuxième cause de mortalité en raison du cancer des poumons après le tabac. Il peut se trouver dans des lieux qui manquent d’aération comme les caves et greniers. Généralement, les bâtiments concernés sont situés en zone volcanique et granitique.
  • et bien sûr le tabac : sa fumée contient 3000 substances chimiques
  • l’humidité : l’humidité ne vous veut aucun mal, néanmoins, ce sont les moisissures qu’elle crée qui peuvent nous faire du tort. L’humidité va aussi s’infiltrer dans les colles (celles des meubles par exemple), ce qui va produire du formaldéhyde dans l’air.
  • le manque d’aération : plus d’isolation c’est bien, mais souvent l’air n’est plus assez renouvelé du fait de ce confinement. Une isolation performante doit être couplée d’une très bonne ventilation.

Chaque pièce de la maison a ses propres nuisances :

  • le garage : gaz d’échappement, produits et poussières de bricolage, produits de jardinage
  • la salle de bain : produits ménagers, moisissures, mobiliers
  • le grenier : moisissures, mites, poussières
  • la chambre : acariens, moisissures, mobiliers
  • la cuisine : produits d’entretien, mobilier, moisissures
  • le salon : mobilier, cheminée, poussière, acarien des moquettes et tapis

Quelles sont les conséquences de la pollution intérieure sur notre santé ?

La pollution intérieure ne doit pas être prise à la légère car elle peut mener à la mort. C’est le cas de 20000 personnes en France par an (source : étude de l’ANSES, 2014). Et ces chiffres ne concernent que les substances suivantes : benzène, radon, trichloréthylène, monoxyde de carbone, tabac, particules fines. Ces pollutions provoquent des maladies graves comme des cancers du rein, des poumons, leucémies, maladies cardiovasculaires et toutes formes d’intoxication.
Les pollutions intérieures nuisent à notre santé par le biais de la respiration et aussi de la peau.
En France, on perd en moyenne 9 mois d’espérance de vie en raison de la pollution intérieure selon l’OMS.
Il existe deux effets toxiques des pollutions intérieures sur la santé :

Les effets immédiats :

les gênes, inconforts, irritations, maux de tête, et surtout des irritations de l’appareil respiratoire

Les effets sur le long terme, plus sournois :

les maladies comme le cancer (souvent lié aux benzène et au formaldéhyde), maladies respiratoire, cardio-vasculaire, allergies (entre 1980 et 2000, le nombre de personnes allergiques a doublé en France), atteintes du système nerveux et baisse fertilité

Comment réduire les pollutions intérieures ?

  • la première chose à faire et la plus importante : aérer (régulièrement et tous les jours)
  • ne laisser pas l’humidité s’installer
  • toujours aérer après avoir fait le ménage, pris un bain, une douche, cuisiné
  • ne pas étendre le linge à l’intérieur
  • la température de la chambre à coucher de doit pas dépasser 19° (les acariens sont frileux)
  • choisir une bonne VMC, la nettoyer régulièrement, surtout les bouches d’aération
  • nettoyer les moisissures à l’eau de javel (pour détruire les spores)
  • ne pas fumer à l’intérieur
  • éviter les tissus synthétiques qui délivrent tout au long de leur cycle de vie des particules fines
  • entretenir ses moyens de chauffage pour éviter la diffusion très dangereuse de monoxyde de carbone dans l’habitat
  • choisir des produits qui ne contiennent pas de COV : ces produits sont notés A+. L’étiquetage est obligatoire depuis 2013 sur de nombreux produits.
  • choisir des produits définis par des ecolabels.
  • choisir des produits ménager sains, voire les fabriquer soi même
  • éviter les bougies, encens (la combustion dégage du monoxyde de carbone)
  • éviter les produits en plastique
  • préférer les meubles en bois : ce sont les seuls qui ne contiennent quasiment pas de formaldéhyde et de COV. La classe E0,5 est de très bonne qualité (la classe E1 contient encore du formaldéhyde)
  • utiliser des outils pour mesurer la qualité de l’air intérieur