Transformer nos masques jetables en tee-shirt, c’est possible !


Publié le : 1 avr. 2021

Par : La Rédaction

Thèmes abordés : plastique  recyclage 


Avant la Covid-19, le plastique était déjà un problème. Depuis le début de la pandémie qui s’est installée mondialement depuis Mars 2020, l’usage de produits à usage unique est devenu une solution pour empêcher la propagation du virus, entraînant une augmentation sans précédent de la pollution plastique.
 Masques, gants, tabliers, bouteilles de désinfectant, emballages de toutes sortes, et même tests médicaux, les produits à usage unique en plastique sont redevenus la norme par mesure de protection.
À la crise sanitaire se rajoute des éléments massifs à la crise écologique.
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Les chiffres dans le monde

Depuis le début de l’épidémie, dans le monde :
  • 3 millions de masques sont jetés chaque minute
  • 129 milliards de masques faciaux et 65 milliards de gants ont été utilisés pour se protéger de la Covid-19 entre mars et décembre 2020
  • 65 milliards de gants sont jetés chaque mois.
Source : www.straitstimes.com (1)

Les chiffres en France

  • 200 millions de masques sont jetés chaque semaine en France
  • 4 heures : durée de vie d’un masque
  • 50 : nombres de masques permettant de créer un tee-shirt grâce aux solutions de recyclage
Source : www.lemontri.fr (2)

Quelles matières composent les masques jetables ?

Les masques jetables sont fabriqués à partir d’un mélange de diverses matières plastiques et sont difficiles à recycler du fait de leur composition complexe ainsi que du risque de contamination.

Ils sont fabriqués à partir de polypropylène, une matière plastique dérivée du pétrole qui met 450 ans à se désagréger
Ces masque jetables contiennent également des élastiques et barrettes métalliques. Il faudrait isoler chaque matériaux pour pouvoir le recycler.
Une fois les masques jetés, s’ils ne sont pas correctement collectés, ils se retrouveront dans l’environnement et se dégraderont en particule de plus petite taille.

La pollution marine

Nos déchets terrestres sont d’abord d’origine anthropique et se retrouvent ensuite dans les écosystèmes aquatiques.
80% des plastiques océaniques mondiaux proviennent de sources terrestres. (3)
1,56 milliards de masque faciaux auront pénétré les océans en 2020 selon le Rapport OcéansAsie daté du 7 décembre 2020.
Cela représenterait une pollution supplémentaire de plus de 5000 tonnes de plastique marin.
Selon cet organisme, ces masques mettront jusqu’à 450 ans à se décomposer, se transformant petit à petit en microplastiques. Ces derniers vont intégrer la chaîne alimentaire et polluer durablement les écosystèmes marins. 
Selon le directeur d’OceansAsie : « La pollution plastique tue chaque année, selon les estimations, 100 000 mammifères marins et tortues, plus d'un million d'oiseaux de mer et un nombre encore plus important de poissons, d'invertébrés et d'autres animaux. Elle a également un impact négatif sur la pêche et l'industrie du tourisme, et coûte à l'économie mondiale environ 13 milliards de dollars US par an ».

Que deviennent nos masques après usage unique ?

Ils sont mis à la poubelle et rejoignent un circuit d’incinération ou d’enfouissement. Une partie de ces masques arrivera malgré tout dans la nature pour finir dans les océans.

Comment empêcher cette pollution ?

  • revoir les procédures de collecte des déchets, par exemple le cas des décharges à ciel ouvert qui pourraient aggraver la pollution des déchets marins
  • si la situation le permet et si la protection est jugée équivalente, utiliser des masques réutilisables

Comment se débarrasser de son masque de façon durable

Il existe bien heureusement plusieurs solutions pour jeter son masque à usage unique.

Lemon Tri, Solution Recyclage et Cycl-Add

LemonTri a mis en place un procédé de collecte, de décontamination et de recyclage des masques à 100%.
Associé à des acteurs du textile (Trivéo, Ain Fibres, aura Evolution et D2P Billon), ils forment un écosystème pour transformer les masques jetables en t-shirt et ils entraînent dans cette spirale positive la filière textile et ses emplois maintenus en France.
Comment se passe ce recyclage ?
Lemon tri propose 2 solutions selon la quantité de masque à recycler. Mais le processus est globalement le même (4):
  • collecte et tri des masques à la source
  • hygiénisation
  • contrôle et broyage
  • régénération de la matière
  • filage et tissage
  • confection du tee-shirt

Plaxtil : une start-up de recyclage des masques jetables

Cette start-up française vient de mettre au point une solution visant à recycler tous ces masques jetables.
Elle est la seule au monde à maîtriser cette technique.
Située dans la Vienne, cette start-up répondait initialement au besoin de recycler les résultats de la fast-fashion et de tous ces tissus conçus en matières de fibres synthétiques mélangées, et tous les déchets textiles dits ultimes, c’est-à-dire tous ceux qui ne peuvent plus être traités.
Mais personne n’aurait pu imaginer l’ampleur que pouvait prendre cette start-up alors que quelques mois après sa création, la Covid s’invitait dans notre monde, nous obligeant à nous masquer, sans aucune distinction.
Comment se passe ce recyclage ?
Bien sûr, il y a une phase essentielle de décontamination.
Les masques eux aussi sont mis en quarantaine pendant une semaine après avoir été collectés. Ils sont ensuite broyés.
Après cette phase, ils passent sous des rayons ultraviolets très puissants pendant 30 secondes, ce qui a pour vertu de supprimer tout virus ou germe.
C’est ensuite que la magie de cette start-up opère : la matière broyée obtenue est transformée en petites billes de polymère qui seront ensuite utilisées dans des moules afin de fabriquer d’autres objets. Ces nouveaux objets pourront eux aussi être recyclés après usage, à l’infini !
Ils recyclent entre 100 000 et 200 000 masques par mois.
Pour le moment, il n’existe des bornes de récupération que dans les alentours de Châtellerault.
Selon la capacité de croissance, on pourrait espérer trouver bientôt des bacs de recyclage dans les halles de marché, les écoles, les bâtiments administratifs.

Recygo et Versoo

Une solution simple et accessible pour la collecte et le recyclage tout en favorisant l’insertion professionnelle et l’emploi en France (6).
Recygo et Versoo proposent une solution de collecte dans des containers sécurisés conformes au protocole sanitaire. Dès qu’ils sont pleins, Recygo se charge de la collecte pour ensuite déposer ces containers chez Versoo où ils sont hygiénisés puis transformés en granulés de polypropylène. Cette substance permettra de fabriquer d’autres objets en plastique.
Références

(1) www.straitstimes.com/multimedia/graphics/2021/01/covid19-masks/index.html?state=eyJyZWRpcmVjdF91cmwiOiJodHRwczovL3d3dy5zdHJhaXRzdGltZXMuY29tL211bHRpbWVkaWEvZ3JhcGhpY3MvMjAyMS8wMS9jb3ZpZDE5LW1hc2tzL2luZGV4Lmh0bWwifQ%3D%3D
(2) www.lemontri.fr/le-recyclage-des-masques-jetables/
(3) www.ecologie.gouv.fr/dechets-marins
(4) www.solution-recyclage.fr/nos-offres-masques/
(5) www.plaxtil.com/
(6) www.recygo.fr/blog/actu/partenariat-recygo-versoo