Le sucre, un faux-ami ?


Par La Rédaction

Publié le 25 févr. 2019

Thèmes : sucre  sucres  glucide  sucre raffiné 


Nous l'aimons tous, et pourtant, il ne serait pas aussi blanc qu'on ne le pense. Il accompagne nos moments de plaisirs gustatifs. Compagnons de nos joies et de nos peines, il a réussi à s'imposer sous toutes ses formes comme un allié de nos gourmandises préférées. Il serait réconfortant, euphorisant.

Au fil des années, le sucre a su dorer son blason sous son apparence immaculée. Nous avons donc fustigé le gras. C'était l'ennemi à abattre. Il était responsable de toutes sortes de maladies et de l'obésité qui grignote de plus en plus la population française (et mondiale). Pour conserver santé et équilibre, il fallait manger moins gras. Pourtant depuis peu, de nombreuses études prouvent que le véritable ennemi s'est immiscé de façon masquée sous le doux nom de « sucre ».

Le pire dans tout ça c'est que notre consommation de sucre a explosée en à peine quelques années : 35 kilos en moyenne par personne et par an (sucre consommé pur et incorporé aux produits transformés). En 50 ans, la consommation de sucre a triplé. En moyenne, les français consomment 100 grammes/jour.

Nos conditions de vie sont devenues plus confortables, mais est-ce que cette évolution sucrée est vraiment bénéfique ?
Le sucre, un faux ami

Avons-nous besoin d'autant de sucre ?

Le corps a besoin d'énergie pour fonctionner. Entre autre, le corps a besoin de glucose. C'est un sucre qui n'a rien à voir avec le sucre blanc (le saccharose) que nous achetons.
L'OMS nous recommande de réduire notre consommation de sucre (50 grammes maximum par jour) : 5 cuillères à café/jour pour un adulte et 3 cuillères à café/jour pour un enfant.
Attention : sucre de table et sucre caché tous confondus !

Qu'est-ce que le sucre blanc ?

Ce sont des glucides dits « simples » (formés de peu de molécules).
Le sucre est nécessaire à notre énergie. Il nourrit nos cellules en glucose.
Le sucre blanc (ou sucre de table) est composé à part égale de glucose et de fructose.
Le glucose est géré assez facilement par le corps. Mais le fructose lui n'est traité que par le foie. Trop de fructose fatigue et à la longue, rend notre foie malade.
Attention à ne pas confondre le fructose des produits industriels (sirop de glucose fructose ou isoglucose) et le fructose des fruits. Ces derniers contiennent d'autres nutriments qui annulent les effets néfastes de son fructose.

Et le sucre raffiné ?

Raffiné signifie que lors de sa production on lui a ôté tous ces nutriments (vitamines et fibres). La molécule restante est le fructose qui apporte beaucoup de calories vides. Pour être digéré, ce sucre va puiser dans nos réserves de vitamines et minéraux. Ce qui va appauvrir notre corps au lieu de le nourrir.

Où se trouvent les sucres cachés ?

70% des sucres que nous ingérons par jour sont cachés. Ils se trouvent insidieusement dans les produits de l'industrie agroalimentaire : le sucre offre un meilleur goût même aux aliments qui ne sont pas sucrés. Méfiez vous des sodas, sucreries, pains, gâteaux, produits laitiers, même charcuterie et tous produits transformés.
Le sucre est très accessible, son problème est l'effet addictif à ses produits. Plus on en mange, plus on a envie d'en manger !

Les dangers du sucre, concrètement ?

C'est la deuxième cause de mortalité dans les pays développés après le tabac.
Le sucre est responsable de la décharge d'insuline dans le corps et donc des pics d'insuline qui fatiguent le corps.
Le sucre abîme le foie : quand on mange du sucre, le foie le stocke pour libérer de l'énergie sous forme de glycogène quand notre corps en aura besoin. Un excès de sucre engorge le foie en fructose. Le travail du foie ne peut pas se faire. Le foie va donc transformer cet excès de sucre en graisse.
L'excès de sucre accentuerait les problèmes de santé suivants : obésité, cancer, diabète, hypertension, hypoglycémie, fatigue, migraine, problèmes de peau.
Il serait même la cause de mauvaise humeur : puisque plus on en mange, plus le cerveau en a besoin pour produire de la dopamine, on entre alors dans un cercle vicieux qui n'en fini pas. L'inra de Toulouse affirme suite à ses recherches que notre cerveau est lié à nos intestins. Ce dernier aurait le même nombre de neurones que le cerveau. Ce que nous mangeons a donc un effet immédiat sur nos humeurs.

Est-ce vraiment une drogue ?

Des scientifiques de l'Université de Californie ont publié dans la revue Nature une étude selon laquelle le sucre est une substance aussi dangereuse que l'alcool et le tabac.
Le sucre crée avec notre cerveau une relation de dépendance.
Des études ont observé qu'après la consommation de sucre le comportement du cerveau est identique à celui d'après la consommation de cocaïne. La zone de récompense est activée, la dopamine sécrétée. On a l'impression d'être heureux.
La similitude avec une drogue se voit dans l'effet constaté suivant : plus on consomme de sucre, plus le cerveau en a besoin pour déclencher la dopamine. Le sucre appelle le sucre !
En 2007, l'Université de bordeaux a découvert au cours d'une expérience sur les rats dépendants de l'héroïne ou cocaïne que le sucre crée une dépendance plus forte que celle de drogues dures. Alors que ces rats avaient le choix entre leur drogue préférée et le sucre, 90% des rats ont préféré le sucre !
Heureusement, notre potentiel addictif varie d'une personne à l'autre. Les gènes, l'environnement culturel influent sur notre potentiel d'addiction.

Les solutions

Il suffit de réduire la consommation de produits et boissons sucrés (même les jus de fruits).
Eliminez les sucres blanc raffinés. Si vous ne pouvez pas vous passer du goût sucré il existe des alternatives plus saines : stévia, miel, sucre de coco, sucre contenu dans des aliments comme les dattes par exemple.
Réduisez votre consommation d'alcool et de produits industriels dans lesquels se trouvent les sucres cachés en grande quantité.
Mangez plus de légumes et de céréales complètes.
Pour se « nettoyer » faites du sport, stimulez les émonctoires.

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