Le business du chocolat


Par La Rédaction

Publié le 25 févr. 2019

Thèmes : chocolat  chocolat équitable  cacao  cacaotier  cacaoyer  commerce équitable 


Etes-vous un grand amateur de chocolat ?
Si comme la majorité des français, vous répondez « oui » à cette question, sachez que ce petit plaisir n’est pas aussi anodin qu’il n’y paraît.
Le chocolat est un marché énorme en France : chaque français consomme en moyenne 7kg de chocolat soit 60 à 70 tablettes de chocolat !
Et nous ne sommes pas les seuls : la demande mondiale de cacao augmente chaque année de 2 à 5 % (l’Inde et la Chine viennent à peine de découvrir les plaisirs chocolatés) si bien que la production de cacao n’arrive plus à suivre le rythme de la demande.
On parle déjà de pénurie de chocolat ! Certains annoncent même la fin du chocolat pour 2050 (source : National Oceanic and Atmospheric Administration).
Derrière cette gourmandise de chocolat se cachent des enjeux environnementaux et sociaux dont on ne se doute pas.
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Le chocolat et l’environnement :

Tellement bon : tout le monde en veut. La production de cacao a doublé de 1987 à 2007 pour répondre à l’appel de tous les gourmands.
Pour satisfaire la demande de cacao d’un seul français, il faudrait exploiter 2 à 3 cacaotiers par an.
Malheureusement, cette consommation n’est pas sans conséquence pour l’environnement :

Notre gourmandise grignote la forêt :

La productivité des cacaoyers est de plus en plus faible à cause de leur surexploitation. Ils sont fatigués, leurs rendements sont donc moins bons. 
Pour conserver leur rendement habituel, les producteurs essaient de trouver de nouvelles terres. Les seules terres encore fertiles se trouvent au coeur de la forêt. Du coup, les producteurs abattent les arbres des forêts pour profiter de la fertilité de ces sols vierges.
En Côte d’Ivoire par exemple, en 50 ans seulement, 13 millions d’hectares de forêt ont disparus pour laisser place aux plantations de cacaoyers (cela représente 80% des forêts ivoiriennes). Cette raréfaction de terres fertiles donne aussi naissance à des exploitations illégales de cacao.

Encore plus de produits chimiques pour doper la production de cacao :

Pour maintenir leurs rendements les producteurs dopent leurs terres avec beaucoup de produits chimiques. Et ces produits chimiques finissent toujours par appauvrir le sol et fatiguer les arbres.

On entre dans un cercle vicieux duquel il est très difficile d’en sortir : moins d’arbres, ça veut dire aussi, plus d’effet de serre relâché dans l’atmosphère !

Le chocolat entretien la pauvreté des producteurs

La cacao est une industrie lourde qui pèse 150 milliards de dollars.

Les producteurs des pays en voie de développement ne profitent pas de ces belles retombées financières. Ce sont les nombreux intermédiaires, transformateurs et distributeurs qui absorbent les bénéfices au détriment des producteurs. Pour une tablette de chocolat de 100 grammes, seuls 6% du prix payé revient au producteur.
  • 50 millions de personnes dans le monde vivent de la production de cacao. Leur salaire moyen est de deux dollars par jour. Ils vivent en dessous du seuil de pauvreté.

  • Depuis 1950, le prix du cacao n’arrête pas de baisser alors que que la demande ne cesse d’augmenter. Le prix du cacao est très bas et est très fluctuant. Il subit la volatilité des cours du marché : le prix peut baisser de 30% du jour au lendemain. Les producteurs subissent de plein fouet cette pression psychologique et financière.

  • Les producteurs dépendent du bon vouloir des négociants : ils vendent leur production sans connaître le vrai prix et la vraie valeur de leur marchandise.
  • La main d’oeuvre étant manquante tout comme l’argent, parfois ce sont les enfants qui doivent prêter main forte. 2 millions d’enfants travaillent dans les plantations rien qu’en Côte d’Ivoire et au Ghana (source : Université Tulane). Ce travail est en plus dangereux : ils utilisent des outils tranchants et des produits chimiques.
Le business du chocolat

La pénurie de chocolat à venir

Le chocolat de qualité devient rare, et ce constat risque de s’aggraver dans le temps.
  • Les fèves de cacao sont de plus en plus rares : Le réchauffement climatique a un impact direct sur les cacaoyers. Le cacaotier aime la chaleur mais il a aussi besoin de pluie. Or la sécheresse et les températures élevées ne sont pas propices au développement des cacaotiers : ils ont besoin d’humidité pour offrir leur délicieux fruits. L’arbre doit alors puiser son hydratation dans le sol. Or le sol étant déjà sec, la plante ne pourra plus être suffisamment hydratée. L’évapotranspiration sera moindre, et la pluie encore plus rare. C’est un cercle vicieux qui entraîne la flore vers son irrémédiable dégradation.
  • Les fèves de cacao sont de plus en plus petites : à cause de la sécheresse, les fèves sont moins généreuses. Selon l’ONG Rainforest, les rendements ont diminué de moitié en Indonésie par exemple.
  • Certains groupes industriels, pour éviter les coûts de main d’ouvre, ont même crée des plantations dites « hybrides » pour cultiver des plants ultra-rentables, mais dont les fèves de cacao n’ont pas vraiment de goût.

Existe t-il un « chocolat durable » ?

L’industrie commence à prendre conscience du poids écologique et humain de la culture du chocolat.
Certains groupe cherchent à certifier leur production ou du moins une partie. Mais les critères de certifications ne sont malheureusement pas toujours respectées. Dans ce contexte de pénurie, l’usage de pesticide est un recours pour soutenir un bon rendement malgré les certifications.

La solution : le commerce équitable

Le commerce équitable permet une meilleure organisation des exploitations sous forme de coopératives.
  • Ce modèle garantie une rémunération plus juste du producteur. Ils bénéficient d’un partenariat à long terme, d’une relation stable et pérenne. Ils peuvent vendre leur cacao à un prix minimum garanti.
  • Les coopératives de commerce équitable reçoivent des primes dites de développement. Ces primes permettent au producteur d’améliorer leurs conditions de travail (formations, amélioration des techniques agricoles, renouvellement et soins des plants de cacao). Ces primes permettent également de construire des écoles, et de soutenir toutes sortes d’activités sociétales à l’échelle locale.
  • Le commerce équitable assure le renouvellement des plantations de cacaoyers (ce qui stoppe la déforestation et fait baisser l’usage des produits chimiques).
  • Grâce à ce cercle vertueux les producteurs gagnent mieux leurs vies, ils peuvent investir dans leur exploitation et surtout ne plus faire appel à la main d’oeuvre enfantine.
Finalement, consommer un chocolat issu du commerce équitable crée une relation gagnant-gagnant à tous les niveaux. Et si le prix du chocolat est certes un peu plus élevé, sa qualité et son goût le sont également.
Finalement ne vaudrait-il pas mieux consommer moins de chocolat mais plutôt un chocolat éthique, authentique et raffiné ?

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