Black Friday : un gouffre environnemental


Par La Rédaction

Publié le 2 déc. 2019

Thèmes : consommation  pollution 


Le Black Friday est un jour sombre pour la planète. C'est une opération commerciale éphémère affichant des prix cassés. Initialement prévue le dernier vendredi du mois de Novembre cet évènement s’étend maintenant sur toute une semaine de soldes appelée Black Week, allant même jusqu’au lundi suivant, que l’on appelle le Cyber Monday.
Depuis 2013, le Black Friday prend de plus en plus d’ampleur en France, entraînant dans son sillage surproduction et surconsommation. Cet évènement commercial est lourd pour le porte-monnaie mais aussi et surtout pour l’environnement.
Entre fabrication, livraison et les retours de produits, toutes les sources de pollutions sont démultipliés, sans pour autant proposer aux consommateurs de véritables offres en terme de prix et de qualité de produits.
black-friday-arnaque

L’origine du Black Friday :

Le Black Friday existe depuis les années 1970 aux Etats-unis. Cette coutume lance les grands achats de fin d’année. Originellement fixé au dernier vendredi du mois de Novembre, c’est à dire le lendemain de Thanksgiving (célébrée le dernier jeudi de novembre aux Etats-Unis).
Pourquoi le nom de vendredi noir ? Cette expression ferait référence à la foule de clients dans les magasins lors du lancement des courses de Noël.
Depuis 2013, le Black Friday débarque en France. Les géants du web ont importés cette tradition commerciale. Depuis, toutes les marques ont suivi cette façon de faire des soldes que ce soit sur le web ou en magasin physique.

Les chiffres du Black Friday en France :

  • 19 millions d’internautes ont visité les sites e-commerce le jour du Black Friday en 2018
  • La FEVAD (Fédération du e-commerce et de la vente à distance) prévoit des achats en ligne à hauteur de 1,7 milliards pour le Black Friday de 2019.
  • en 2018, le traffic moyen quotidien a doublé, et le chiffre d’affaires moyen quotidien a triplé sur les sites e-commerce du panel Fevad

  • plus de 50 millions de transactions ont été réalisées par carte bancaire en une seule journée (source : Groupement d’intérêt économique des cartes bancaires - 2018)
  • un milliard de chiffre d’affaires rien qu’en biens d’équipements de la maison sur une journée (source : GfK - 2018), tandis que la Fevad avait alors prévu un chiffres d’affaires global de 1,3 milliard. Les achats dépassent donc les prévisions.
  • 156 commandes par secondes sur le site CDiscount, pour 57 millions d’euros de volumes d’affaires (source : Webloyalty Panel - 2018)
  • 6,2 milliards générés pendant le Black Friday de 2018 aux Etats-Unis

Des fausses promotions

En 2015, l’association de consommateurs UFC-Que Choisir a étudié les prix de milliers d’articles vendus sur de grands sites e-commerce. Ils ont comparés les prix de ces articles pendant le Black Friday, et une semaine avant. Il s’avère que la moyenne des réductions de prix s’élève à seulement 2%. 
Les prix de départ de plusieurs produits étudiés sont artificiellement gonflés, pour faire croire à une réduction massive. Le prix barré est totalement arbitraire.

Toujours selon l’UFC-Que Choisir, les prix sont souvent les mêmes avant et pendant le Black Friday. Selon eux « 5 à 10% des produits sont effectivement 5 à 10% moins chers dans les secteurs de l’électroménager et high-tech ». Cette affirmation se base sur une étude de prix pratiqués en 2018 avant et pendant le Black Friday.

De faux produits

De faux produits sont vendus sur internet à cette occasion selon l’organisation qui réunis les industriels engagés dans la lutte contre la contrefaçon.

Le danger émotionnel des promotions

Les prix bas poussent à la surconsommation en raison de la pression de l’offre éphémère. De plus, les consommateurs achètent souvent en raison d’un prix bas et non en raison d’un véritable besoin.

La livraison des colis

Sans compter la charge kilométrique du parcours d’un produit, son stockage fait aussi office de pollution.
Les grandes entreprises de e-commerce multiplient les installations d’entrepôts de stockage en périphérie des grandes villes pour pouvoir offrir la livraison la plus rapide possible.
En Île-de-France par exemple, 20 millions de mètres carrés sont occupés par des entrepôts de ce type, selon la FNE. Ses entrepôts nécessitent de l’entretien et de l’énergie (chauffage, ventilation, climatisation, lumière), ce qui ne fait qu’amplifier la consommation d’énergie.

Les retours de colis

Au vu du nombre de commandes passées, on peut imaginer le nombre de retours possibles.
En 2018, une étude menée par Greenpeace Allemagne estimait qu’un quart des produits achetés à cette occasion sont renvoyés par les consommateurs de moins de 30 ans.
Le renvoi de produit multiplie par deux les kilomètres parcourus pour la livraison d’un produit. Sachant que les camions génèrent à eux seuls 40% du CO2 généré par le transport routier (source : ADEME).

La promesse de la livraison en un jour ouvré empire ce constat. Ce sont surtout les derniers kilomètres qui dégagent le plus de CO2. Ces derniers kilomètres sont alors plus nombreux lors d’une livraison en un jour ouvré. Selon une étude américaine, ce type de livraison rapide équivaudrait à la pollution émise par sept millions de voitures en un an.

Certains produits retournés sont détruits

Selon plusieurs employés d’Amazon, environ 30% des retours sont détruits. Le déballage, la vérification du retour, son fonctionnement, sa remise en stock et sa remise en ligne sont des procédures chronophages et non rentables. Certaines enseignes décident donc de détruire ces articles.

Make Friday Green Again

Une forme de résistance se met en place.
450 marques se sont engagées à ne pas participer au Black Friday et à dénoncer son effet néfaste social et environnemental.
En place et lieu du Black Friday, elles communiquent sur une pédagogie pour adopter une consommation responsable et raisonnée.

Solution :

  • se demander honnêtement quels sont ses véritables besoins en terme de consommation
  • acheter au prix juste
  • revendre, recycler, faire soi même